Laccès aisé à un marché urbain rémunérateur: Un atout majeur !!
Composé en majorité des Gombos (Hibiscus esculentus « Baskodje »), de loseille de guinée (Hibiscus sabdariffa « Foléré »), du Chanvre de Guinée [(Hibiscus cannabinus « Gabai »), (Coratotheca sesanoides « Gouboudo »), (Monordica sp. « Habirou »)], lAmarante [(Amaranthus caudatus, Amaranthus spinosus, Amaranthus viridis, « Hakondiam »), (Vigna sp. « Hako niébé)], de la tomate cérise (Lycopers esculentus « Kussel gide »), de la corète potagère (Corchorus olitorius « Lalo et Ngago »), du basilic (Ocinum gratissimum « Ourdisoulabe »), le commerce de légumes-feuilles types Africains se développe de plus en plus eu égard à la prééminence des risques et lincertitude dans le quotidien des exploitations paysannes cotonnières, céréalières ou délevage, avec comme atouts majeurs, un accès aisé à un marché urbain rémunérateur, lexistence des conditions naturelles favorables, permettant dirriguer en saison sèche.
Structures et Systèmes de productions archaïques mais des technologies de transformation et de conservation bien maîtrisées par les paysans.
Ces légumes maraîchers sont produites traditionnellement de façon artisanale par les femmes dans de petites exploitations familiales qui jouxtent les habitations, sont de plus en plus lapanage des hommes, qui le font dans des surfaces plus grandes situées dans la ceinture verte autour de grandes villes ou alors dans le grand périmètre irrigué faisant suite aux cultures de céréales et de coton, avec comme objectif principal la vente, contrairement aux productions des femmes qui sont surtout autoconsommés et dont seul lexcédent est vendu sous forme séchée ou fraîche. La plus part des exploitations sont en faire valoir direct, le métayage existant seulement pour la culture du « Gombo » et de loseille de guinée, qui est réalisée après celle de loignon qui suit le mil. Lirrigation est très souvent pratiquée par immersion à partir des puits, à laide de chadouff (Système à balancier dexhaure de leau) ou à la calebasse. Les cultures en planches sont arrosées à la main, leau étant puisée dans des trous ou canaux aménagés. Paradoxalement, les technologies de conservation de ces légumes notamment sous forme séchée, sont assez bien maîtrisées par les paysans. On trouve ainsi aux côtés des légumes frais, du Gombo et de lOseille de Guinée séchées, en poudre anhydre.
Une filière sous-évaluée sur le plan maraîcher.
Labsence de statistiques fiables due surtout à une politique paysanne auto consommatrice au détriment de la commercialisation, ne permettent pas dévaluer le niveau réel de consommation des ménages. Les circuits de production et dapprovisionnement demeurent encore artisanales et les principaux opérateurs de la filière sont confrontés aux problèmes des moyens de transport encore précaires. La production est dès lors limitée et soriente plus vers le marché local que vers lexportation excepté le « Gombo » qui est en partie vendu dans quelques pays de la sous-région sous forme de poudre sèche. Le marché local saccroît en même temps que lurbanisation sétend. On trouve alors un peuplement dense, un niveau de vie relativement plus élevé et des transports aisés, qui sont des conditions favorables au développement des cultures maraîchères en général, comme cest le cas dans les provinces du Nord Cameroun.
Les légumes types Africains contribuent pour près de 3 millions de francs cfa par jour, au revenu du paysan de la zone soudano-sahélienne.
Une analyse sommaire du système de production indique néanmoins que la vente de ces légumes dans la zone est une activité qui rapporte. La plupart des producteurs tireraient lessentiel des ressources de leurs ménages de la vente de ces légumes, y compris pour les achats alimentaires, même si les productions vivrières, essentiellement de saison des pluies, apportent un complément alimentaire saisonnier. Les légumes de type local (surtout le gombo et le foléré) jouent un rôle essentiel dans la trésorerie régulière du ménage pour lalimentation et permettent des rentrées pécuniaires plus massives pour les besoins alimentaires du ménage et éventuellement une épargne. Les baisses doffres de légumes-feuilles surtout et de gombo en saison sèche (mai à septembre), et dautres légumes en saison de pluies (octobre à avril), induisent de fortes hausses de prix, ce qui a comme corolaire, un « confort financier momentané » du paysan ayant su gérer sa production. Bien que lon observe souvent un report des consommateurs sur les feuilles séchées en saison sèche, la rentabilité économique nest nullement affectée car ces produits séchées ne sont pas complètement substituables aux produits frais dans les préparations culinaires. Les dépenses journalières des ménages africains au foyer représenteraient 1 million de francs cfa pour la ville de Garoua et 1,7 millions de francs cfa pour Maroua, tandis que les dépenses des établissements de restaurations, des hôtels et supermarchés sélèveraient au maximum à 100000 francs cfa par jours pour les deux villes. Cette filière contribuerai donc au total pour près de 30 millions de francs cfa par jour, au revenu du paysan de la zone soudano-sahélienne du Cameroun !!! |